Plus de trois millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et leur usage ne se dément pas malgré un marché qui tend à se stabiliser. Pourtant, une obligation légale reste méconnue ou sous-estimée par de nombreux utilisateurs : celle de souscrire une assurance avant de prendre la route. Voici ce qu’il faut savoir, concrètement, pour rouler en règle.
Une obligation légale, pas une simple recommandation
Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées comme Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM). À ce titre, elles entrent dans le champ d’application de l’article L211-1 du Code des assurances, qui impose une assurance en responsabilité civile (RC) pour tout véhicule terrestre à moteur circulant sur la voie publique. La loi d’Orientation des Mobilités (LOM), entrée en vigueur en juillet 2020, a formalisé cette obligation.
Concrètement, rouler sans assurance trottinette électrique n’est pas une simple infraction : c’est un délit, passible d’une amende pouvant atteindre 3 750 euros, avec des peines complémentaires possibles (suspension de permis, confiscation de l’engin). Et en cas d’accident responsable, c’est le patrimoine personnel du conducteur qui est engagé pour indemniser les victimes, les montants pouvant facilement dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros en cas de blessures graves.
Un point souvent mal compris : l’assurance habitation ne suffit généralement pas. La clause RC « vie privée » exclut dans la très grande majorité des cas les EDPM motorisés circulant à plus de 6 km/h. Autrement dit, une trottinette électrique standard n’est pas couverte par votre multirisques.
Combien coûte une assurance, et que couvre-t-elle ?
Les tarifs varient selon les garanties et le profil de l’utilisateur. À titre indicatif, une formule RC seule revient à environ 3 à 5 euros par mois. Des formules intermédiaires, incluant la couverture vol et le bris de l’engin, oscillent entre 5 et 15 euros mensuels. Les offres tous risques peuvent aller jusqu’à 25 euros par mois pour des engins haut de gamme.
Au-delà de la RC obligatoire, plusieurs garanties optionnelles méritent attention. La garantie corporelle conducteur, par exemple, prend en charge vos propres blessures en cas d’accident, même si vous en êtes responsable. C’est loin d’être anecdotique : en 2024, 45 personnes sont décédées sur une trottinette électrique en France, un chiffre plus que quadruplé depuis 2019. Les accidents surviennent très majoritairement en agglomération, ce qui concerne directement les usages du quotidien.
Quelques points contractuels à vérifier avant de signer : l’âge minimum du conducteur prévu au contrat (la loi fixe 14 ans depuis septembre 2023), l’exclusion systématique en cas de moteur débridé (une trottinette dépassant 25 km/h bascule dans la catégorie cyclomoteur et nécessite une assurance de type moto), et les conditions de prêt de l’engin à un tiers.
Rouler sereinement : les bons réflexes avant de démarrer
La réglementation en vigueur impose aussi des règles de circulation à respecter : vitesse limitée à 25 km/h, interdiction sur les trottoirs, éclairage obligatoire de nuit, casque obligatoire pour les mineurs et fortement recommandé pour tous. Respecter ces règles conditionne également la validité de certaines garanties d’assurance.
S’assurer n’est donc pas une formalité administrative de plus : c’est une protection réelle, pour les autres comme pour soi. Pour les lecteurs qui souhaitent approfondir d’autres aspects liés aux nouvelles mobilités, la rubrique Transport d’Entrevue-web propose des contenus pratiques sur le sujet. Le marché des offres dédiées EDPM s’est bien développé ces dernières années, et un contrat adapté coûte souvent moins cher qu’on ne l’imagine.

